Signe de rossolimo : ce que révèle vraiment ce réflexe du pied

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Le signe de Rossolimo est un réflexe du pied recherché pendant un examen neurologique. Sa présence peut orienter vers une atteinte de la voie motrice centrale, mais elle ne suffit jamais, à elle seule, à poser un diagnostic. Le geste, l’âge, le contexte et les autres signes observés comptent tout autant. Voici comment les professionnels l’examinent et ce qu’ils en déduisent avec prudence.

Points clés

  • Le signe de Rossolimo est un réflexe neurologique testé par percussion de la plante des pieds, indiquant une possible atteinte de la voie motrice centrale.
  • Un signe de Rossolimo positif se manifeste par une flexion rapide involontaire des orteils, suggérant une hyperexcitabilité des circuits réflexes.
  • Ce signe doit être interprété avec prudence et toujours en association avec d’autres signes cliniques tels que la spasticité, la faiblesse musculaire ou le signe de Babinski.
  • La recherche du signe se fait chez un patient détendu, en comparant systématiquement les deux pieds pour une meilleure fiabilité.
  • La présence du signe de Rossolimo oriente vers une lésion pyramidale, mais ne permet pas d’en préciser la cause sans examens complémentaires comme l’IRM.
  • Un signe de Rossolimo absent n’exclut pas une atteinte neurologique, notamment dans les phases aiguës où les réflexes peuvent être diminués.

Définition et signification clinique du signe de rossolimo

Le signe de Rossolimo est une réponse réflexe des orteils. Après une percussion brève sur leur face plantaire, généralement vers l’avant du pied, les orteils peuvent se fléchir rapidement. Cette contraction des fléchisseurs des orteils est parfois décrite comme l’équivalent, au membre inférieur, du signe de Hoffmann observé aux doigts.

Chez l’adulte, un Rossolimo nettement présent peut traduire une libération de réflexes habituellement freinés par les voies nerveuses descendantes. Il s’inscrit donc parmi les indices possibles d’une atteinte de la voie pyramidale, aussi appelée voie corticospinale. Cette voie transmet une grande partie de la commande volontaire du cerveau vers la moelle épinière et les muscles.

Son intérêt est surtout clinique : le neurologue ne l’interprète pas isolément. Une réponse discrète, symétrique et sans autre anomalie n’a pas la même portée qu’un signe asymétrique associé à une faiblesse, une spasticité ou un signe de Babinski. Le terme « positif » ne signifie d’ailleurs pas automatiquement qu’une maladie grave est présente : il indique seulement que la réponse recherchée a été obtenue.

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Comment rechercher le réflexe de rossolimo ?

La recherche du réflexe de Rossolimo se fait chez une personne détendue, le plus souvent allongée ou assise, avec le pied bien relâché. Le praticien compare systématiquement les deux côtés. Cette comparaison est essentielle : un examen neurologique ressemble davantage à une lecture d’ensemble qu’à la validation d’un test unique.

Il réalise une percussion sèche et brève sur la face plantaire des dernières phalanges des orteils, souvent les deuxième à cinquième. Selon les écoles et les habitudes, le geste peut être fait avec le doigt ou un marteau à réflexes. La stimulation provoque un étirement brutal qui peut déclencher une flexion rapide des orteils.

Le patient ne doit pas essayer de bouger ses orteils. L’appréhension, le froid, une position inconfortable ou une contraction volontaire peuvent modifier la réponse. Le professionnel observe la qualité du mouvement, son intensité et sa symétrie, puis la confronte aux réflexes ostéo-tendineux, rotulien et achilléen notamment.

Cet examen est indolore ou seulement un peu surprenant. Il ne doit pas être reproduit de façon insistante à domicile : une auto-évaluation du signe neurologique est peu fiable et peut surtout augmenter l’inquiétude sans apporter d’information utile.

Interprétation d’un résultat positif

Un signe de Rossolimo positif correspond à une flexion visible, involontaire et reproductible des orteils après la percussion. Il suggère une hyperexcitabilité des circuits réflexes sous le niveau d’une éventuelle atteinte du système moteur central. En pratique, il peut accompagner un syndrome pyramidal.

La signification dépend largement de la distribution. Une réponse unilatérale, surtout si elle apparaît du même côté qu’une raideur ou d’une maladresse récente, est plus informative qu’une réponse faible des deux côtés. Mais l’examen ne se résume pas à « présent » ou « absent » : le clinicien tient compte de la force musculaire, du tonus, de la marche et de l’évolution des symptômes.

Après un accident vasculaire cérébral, une lésion médullaire, une sclérose en plaques ou certaines compressions neurologiques, ce signe peut faire partie du tableau. Il ne permet toutefois pas de distinguer ces causes entre elles. Une imagerie cérébrale ou médullaire, lorsqu’elle est indiquée, est choisie pour en rechercher l’origine.

À l’inverse, un Rossolimo absent n’exclut pas une atteinte neurologique. Dans la phase très aiguë d’une lésion centrale étendue, les réflexes peuvent même être diminués ou abolis avant qu’une hyperréflexie et une spasticité ne s’installent. Le temps d’évolution compte donc beaucoup.

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Les signes neurologiques associés

Le signe le plus connu à rechercher au pied reste le signe de Babinski : le gros orteil s’étend lors de la stimulation du bord externe de la plante du pied, parfois avec écartement des autres orteils. Associé à un Rossolimo, il renforce l’hypothèse d’une atteinte de la voie corticospinale, sans en préciser la cause.

Les réflexes peuvent être vifs, diffusés ou polycinétiques. Un clonus de cheville, mouvements rythmiques répétitifs du pied après une dorsiflexion rapide maintenue, est un autre argument en faveur de spasticité. Toutefois, des réflexes simplement vifs existent chez certaines personnes anxieuses ou dites neurotoniques : ce constat seul n’est pas pathologique.

Le médecin recherche aussi un déficit moteur : chute d’un bras tendu, lenteur des mouvements fins, difficulté à relever l’avant-pied ou fatigabilité à la marche. Aux membres inférieurs, la marche spastique peut donner une jambe raide qui décrit un arc de cercle, parfois appelée marche en fauchant. Les épreuves de Mingazzini ou de Barré peuvent révéler une faiblesse discrète.

Selon la localisation, d’autres manifestations sont possibles : asymétrie du visage inférieur, troubles de l’articulation, urgences urinaires, engourdissements ou douleur cervicale et dorsale. Une faiblesse brutale d’un côté du corps, une bouche déviée ou un trouble soudain de la parole nécessitent d’appeler immédiatement le 15 ou le 112 : ce sont des signes d’alerte d’AVC.

Valeur diagnostique et principales limites

La valeur du signe de Rossolimo est celle d’un indice sémiologique, non d’un test de dépistage autonome. Sa sensibilité et sa spécificité ne permettent pas, dans la pratique courante, de conclure à une maladie précise. Un diagnostic neurologique repose sur le récit des symptômes, l’examen complet et, si nécessaire, des examens complémentaires.

La réponse peut varier avec le relâchement musculaire, l’intensité de la percussion, la température ou la répétition du geste. Certains sujets présentent des réflexes vifs sans pathologie du système nerveux. À l’inverse, une neuropathie périphérique, une douleur importante, certains médicaments ou une phase aiguë de lésion peuvent atténuer les réponses attendues.

Il faut également éviter de confondre un mouvement de retrait provoqué par une stimulation désagréable avec un véritable réflexe. Le retrait est souvent plus ample, moins stéréotypé et accompagné d’une tension globale du pied. C’est pourquoi l’expérience de l’examinateur et la recherche de la symétrie clinique restent déterminantes.

En cas de gêne persistante, faiblesse, raideur, troubles de l’équilibre, fourmillements progressifs, le médecin traitant peut orienter vers un neurologue. L’objectif n’est pas de « confirmer Rossolimo », mais de comprendre l’ensemble des signes moteurs et sensitifs.

Localisation des lésions et examens complémentaires

Lorsqu’un ensemble de signes évoque une atteinte pyramidale, la topographie aide à orienter les investigations. Une atteinte du cerveau située au-dessus du croisement des voies motrices, dans le tronc cérébral bas, entraîne habituellement des signes du côté opposé du corps. Une lésion cérébrale droite peut ainsi s’exprimer par une faiblesse ou une hyperréflexie à gauche.

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Une atteinte de la moelle épinière produit plutôt des signes sous la lésion, souvent du même côté pour les faisceaux corticospinaux déjà croisés. Une lésion cervicale peut concerner les quatre membres : une atteinte thoracique touche davantage les jambes. Une compression médullaire peut associer troubles de la marche, raideur et troubles urinaires, ce qui justifie une évaluation médicale rapide.

Les examens sont prescrits selon le contexte. L’IRM cérébrale est privilégiée en cas de suspicion d’AVC, de maladie inflammatoire ou de lésion cérébrale : l’IRM de la colonne explore la moelle, les disques et d’éventuelles compressions. Un scanner peut être utilisé en urgence, notamment devant des symptômes neurologiques soudains.

L’électromyogramme évalue plutôt les nerfs périphériques et les muscles : il peut aider à écarter une autre explication à une faiblesse, mais ne remplace pas l’examen clinique. Des bilans sanguins, une ponction lombaire ou des tests spécialisés ne sont demandés que si l’histoire et les signes neurologiques associés les rendent pertinents. L’interprétation finale revient au professionnel qui dispose de l’ensemble du dossier.

Questions fréquentes sur le signe de rossolimo

Qu’est-ce que le signe de rossolimo en neurologie ?

Le signe de Rossolimo est un réflexe du pied qui se manifeste par une flexion rapide et involontaire des orteils après percussion de leur face plantaire, indiquant potentiellement une atteinte de la voie motrice centrale.

Comment le signe de rossolimo se recherche-t-il lors d’un examen neurologique ?

Le praticien effectue une percussion brève et sèche sur la face plantaire des orteils, généralement les deuxième à cinquième, chez une personne détendue, et observe une flexion rapide des orteils comparée sur les deux côtés.

Que signifie un signe de rossolimo positif chez l’adulte ?

Un Rossolimo positif traduit une hyperexcitabilité des circuits réflexes, souvent liée à une atteinte pyramidale ou corticospinale, mais son interprétation dépend du contexte et d’autres signes associés.

Quels autres signes neurologiques accompagnent souvent le signe de rossolimo ?

Le signe de Babinski, le clonus du pied, une spasticité musculaire et des troubles moteurs peuvent accompagner Rossolimo, renforçant l’hypothèse d’une atteinte de la voie corticospinale.

Le signe de rossolimo peut-il être présent sans pathologie neurologique ?

Oui, certains sujets neurotoniques peuvent présenter des réflexes vifs ou polycinétiques sans syndrome pyramidal, ce qui nécessite une évaluation globale pour éviter les faux diagnostics.

Quelle est la relation entre le signe de rossolimo et les lésions neurologiques centrales ?

Le signe de Rossolimo est un indice d’atteinte de la voie pyramidale, généralement controlatérale à la lésion cérébrale supramédullaire, et peut orienter vers des pathologies comme AVC, sclérose en plaques ou compression médullaire.

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