Le calendrier vaccinal 2025 apporte des changements majeurs pour mieux protéger la population française contre plusieurs infections graves. Avec l’obligation étendue aux vaccins méningococciques chez les nourrissons et de nouvelles recommandations pour les personnes âgées, il est essentiel de comprendre ces évolutions pour garantir une couverture vaccinale optimale. Cet article présente les principales nouveautés, les vaccinations obligatoires, et les recommandations selon chaque tranche d’âge.
Qu’est-ce que le calendrier vaccinal ?

Le calendrier vaccinal est un document officiel publié chaque année par le ministère de la Santé et des Solidarités, en collaboration avec la Haute Autorité de Santé (HAS). Il répertorie l’ensemble des vaccinations applicables en France en fonction de l’âge des individus, depuis la naissance jusqu’à l’âge adulte et au-delà.
Ce calendrier distingue deux catégories principales : les recommandations vaccinales générales, qui s’appliquent à toute la population française, et les recommandations spécifiques destinées aux personnes présentant des risques accrus en raison de leur état de santé, de leur profession, ou de leur lieu de résidence (notamment dans les départements d’outre-mer). L’objectif principal du calendrier vaccinal est de prévenir la propagation de maladies infectieuses graves et de réduire la mortalité et la morbidité associées à ces pathologies.
Chaque année, le calendrier vaccinal est actualisé pour intégrer les avancées scientifiques, les nouvelles données épidémiologiques, et les évolutions des politiques de santé publique. Les professionnels de santé s’appuient sur ce document de référence pour conseiller et administrer les vaccins de manière cohérente et efficace.
Les principales nouveautés du calendrier vaccinal 2025

L’année 2025 marque un tournant important dans la politique vaccinale française, avec l’introduction de plusieurs changements majeurs visant à renforcer la protection contre diverses infections. Ces nouveautés touchent principalement les nourrissons, les personnes âgées, et certaines populations à risque.
Vaccination contre les infections à méningocoques
Depuis le 1er janvier 2025, la vaccination contre les infections à méningocoques (sérogroupes ACWY et B) devient obligatoire chez tous les nourrissons nés à partir de cette date. Cette mesure répond à la recrudescence des cas de méningites invasives et vise à protéger les enfants dès leur plus jeune âge contre ces infections potentiellement mortelles.
Le schéma vaccinal pour les méningocoques ACWY comprend deux doses administrées à 6 mois et 12 mois. Pour les méningocoques B, trois doses sont nécessaires : à 3 mois, 5 mois, et un rappel à 12 mois. Un rattrapage vaccinal est également mis en place pour tous les enfants âgés de moins de 24 mois qui n’auraient pas encore reçu ces vaccins.
Pour les adolescents âgés de 11 à 14 ans, une vaccination contre les méningocoques ACWY est fortement recommandée, même si elle n’est pas obligatoire. Cette tranche d’âge représente une période de vulnérabilité accrue en raison de la vie en collectivité et des contacts sociaux plus fréquents.
Vaccination contre les infections à pneumocoques
Une autre nouveauté importante concerne la vaccination contre les pneumocoques chez les personnes âgées. Désormais, une dose unique du vaccin Prevenar 20 est recommandée pour toutes les personnes âgées de 65 ans et plus, même en l’absence de facteurs de risque particuliers.
Cette recommandation vise à prévenir les infections invasives à pneumocoques (IIP), telles que les pneumonies, les méningites, et les septicémies, qui touchent particulièrement les personnes âgées et peuvent entraîner des complications graves, voire fatales. Le Prevenar 20 offre une protection contre 20 sérotypes différents de pneumocoques, élargissant ainsi la couverture vaccinale par rapport aux vaccins précédents.
Recommandations pour la coqueluche
Le calendrier 2025 renforce également les recommandations concernant la vaccination contre la coqueluche. Un rappel avec le vaccin dTcaP (diphtérie, tétanos, coqueluche acellulaire, poliomyélite) est désormais préconisé à l’âge de 25 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 39 ans pour ceux qui n’auraient pas reçu ce rappel.
Pour protéger les nouveau-nés, particulièrement vulnérables à la coqueluche, la vaccination de l’entourage (parents, grands-parents, frères et sœurs) est fortement recommandée si la dernière dose remonte à plus de 5 ans. De plus, la vaccination des femmes enceintes est encouragée, idéalement entre la 20e et la 36e semaine de grossesse, afin de transmettre des anticorps protecteurs au bébé dès sa naissance.
Nouveautés sur les infections à vrs
Le virus respiratoire syncytial (VRS) fait son entrée dans le calendrier vaccinal 2025 avec une nouvelle recommandation pour les personnes âgées. La vaccination est désormais recommandée pour toutes les personnes de 75 ans et plus, ainsi que pour les personnes âgées de 65 à 74 ans présentant des facteurs de risque respiratoires ou cardiaques.
Cette vaccination doit être administrée de manière saisonnière, entre septembre et janvier, période durant laquelle le VRS circule le plus activement. Trois vaccins sont disponibles : Abrysvo, Arexvy, et mRESVIA. Le VRS est une cause importante de bronchiolites et de pneumonies chez les personnes âgées, entraînant souvent des hospitalisations et des complications graves.
Autres évolutions notables
Plusieurs autres mises à jour méritent d’être mentionnées. Dans les départements d’outre-mer, la vaccination contre la dengue avec le vaccin Qdenga (en deux doses) est recommandée pour les enfants et les adultes à risque. Les recommandations concernant le chikungunya sont également en cours d’actualisation.
La vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) continue d’être renforcée, notamment chez les adolescents (filles et garçons) âgés de 11 à 13 ans. Enfin, les recommandations sur le Mpox (variole du singe) ont été actualisées pour mieux cibler les populations à risque.
La Semaine européenne de la vaccination se déroulera du 27 avril au 3 mai 2025, offrant une occasion de sensibiliser le public à l’importance de la vaccination et de promouvoir le rattrapage vaccinal.
Vaccinations obligatoires en france
La France a progressivement élargi le spectre des vaccinations obligatoires pour garantir une protection collective solide contre les maladies infectieuses. Le cadre légal distingue les obligations selon la date de naissance des individus, avec des exigences renforcées pour les enfants nés après 2018.
Pour les enfants nés après le 1er janvier 2018
Depuis le 1er janvier 2018, 11 vaccins sont obligatoires pour tous les enfants nés à partir de cette date. Cette extension de l’obligation vaccinale, initialement limitée à trois vaccins, vise à combler les lacunes de couverture vaccinale et à prévenir la résurgence de maladies évitables.
Les 11 vaccinations obligatoires sont les suivantes : diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, Haemophilus influenzae de type b, hépatite B, infections invasives à pneumocoque, méningocoques de sérogroupe C (et désormais ACWY et B depuis 2025), ainsi que rougeole, oreillons, et rubéole (vaccin ROR).
Ces vaccins sont généralement administrés sous forme de vaccins combinés pour simplifier le calendrier et réduire le nombre d’injections. Les parents doivent fournir un certificat de vaccination pour l’entrée en crèche, à l’école, ou dans tout autre établissement collectif. En l’absence de contre-indication médicale reconnue, le non-respect de cette obligation peut entraîner un refus d’admission.
Pour les adultes et enfants nés avant 2018
Pour les enfants nés avant le 1er janvier 2018 et pour les adultes, seuls trois vaccins demeurent obligatoires : la diphtérie, le tétanos, et la poliomyélite. Ces vaccinations, instaurées depuis plusieurs décennies, constituent le socle minimal de protection individuelle et collective.
Cependant, bien que la coqueluche ne soit pas formellement obligatoire pour cette catégorie de population, elle reste fortement recommandée, en particulier pour les rappels chez l’adulte et pour la protection des nourrissons. Les professionnels de santé encouragent vivement les personnes concernées à mettre à jour leurs vaccinations selon le calendrier en vigueur, même en l’absence d’obligation légale.
Calendrier vaccinal par tranche d’âge
Le calendrier vaccinal français est structuré par tranche d’âge afin de proposer une protection adaptée à chaque période de la vie. Comprendre ce découpage permet aux familles et aux individus de suivre le rythme des vaccinations recommandées et obligatoires.
Vaccination des nourrissons et jeunes enfants
La période de la petite enfance concentre le plus grand nombre de vaccinations. Dès le premier mois de vie, certains vaccins peuvent être administrés (notamment en cas de risque d’hépatite B maternelle). Le calendrier standard begin réellement à 2 mois avec une première série de vaccins combinés.
À 1 mois, seule la vaccination contre la tuberculose (BCG) est recommandée dans certaines situations à risque (résidence en Île-de-France, Guyane, Mayotte, ou antécédents familiaux de tuberculose).
À 2 mois, les nourrissons reçoivent leurs premières doses du vaccin hexavalent (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, Haemophilus influenzae b, hépatite B) et du vaccin contre les pneumocoques. C’est aussi l’âge recommandé pour débuter la vaccination contre les méningocoques B (première dose à 3 mois).
À 4 mois, une deuxième série d’injections a lieu avec les mêmes vaccins. À 5 mois, une deuxième dose de méningocoques B est administrée.
À 6 mois, une nouvelle série de vaccins hexavalents et contre les méningocoques ACWY (première dose) est réalisée.
À 11 mois, le vaccin contre la rougeole, les oreillons, et la rubéole (ROR) est introduit.
À 12 mois, des rappels importants sont effectués : vaccin contre les pneumocoques, méningocoques B et ACWY. Une deuxième dose de ROR suit généralement entre 16 et 18 mois.
Vaccination des adolescents
L’adolescence est une période clé pour compléter et renforcer la protection vaccinale. À 11-13 ans, la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) est fortement recommandée pour les filles et les garçons, avec un schéma en deux doses espacées de 6 mois. Cette vaccination prévient plusieurs types de cancers (col de l’utérus, anus, oropharynx) et de lésions précancéreuses.
À 11-14 ans, un rappel contre les méningocoques ACWY est recommandé, même pour les adolescents ayant déjà reçu une vaccination contre le méningocoque C dans l’enfance.
À 14 ans, un rappel du vaccin dTcaP (diphtérie, tétanos, coqueluche acellulaire, poliomyélite) est administré pour maintenir l’immunité contre ces maladies.
Vaccination des adultes et rappels
Les adultes doivent également respecter un calendrier de rappels pour conserver une protection efficace tout au long de leur vie. À 25 ans, un rappel du vaccin dTcaP est recommandé. Pour ceux qui ne l’auraient pas reçu, un rattrapage est possible jusqu’à 39 ans.
Ensuite, des rappels réguliers du vaccin dTPolio (diphtérie, tétanos, poliomyélite) sont nécessaires : à 45 ans, puis tous les 10 ans jusqu’à 65 ans. Après 65 ans, la fréquence passe à un rappel tous les 5 à 10 ans, en fonction de l’état de santé général.
La vaccination contre la grippe saisonnière est également recommandée chaque année pour certaines catégories d’adultes, notamment les femmes enceintes, les personnes atteintes de maladies chroniques, et les professionnels de santé.
Vaccination des personnes âgées de plus de 65 ans
Les personnes de 65 ans et plus constituent une population particulièrement vulnérable aux infections graves. Plusieurs vaccinations spécifiques leur sont donc recommandées.
À partir de 65 ans, une dose unique du vaccin contre les pneumocoques (Prevenar 20) est désormais recommandée pour tous, même sans facteur de risque particulier.
La vaccination contre le zona (herpes zoster) est également recommandée à partir de 65 ans avec le vaccin Shingrix, en deux doses espacées de 2 à 6 mois. Le zona peut entraîner des douleurs intenses et prolongées (névralgies post-zostériennes), particulièrement invalidantes chez les personnes âgées.
Pour les personnes de 75 ans et plus, ainsi que pour celles âgées de 65 à 74 ans présentant des facteurs de risque respiratoires ou cardiaques, la vaccination contre le VRS est désormais recommandée en période saisonnière.
Enfin, la vaccination antigrippale reste fortement recommandée chaque année pour toutes les personnes âgées de 65 ans et plus, en raison du risque accru de complications graves liées à la grippe dans cette tranche d’âge.
Rattrapage vaccinal : comment mettre à jour ses vaccins
Il n’est jamais trop tard pour mettre à jour son statut vaccinal. Le rattrapage vaccinal permet de combler les retards ou les absences de vaccination, quelle que soit la raison initiale (oubli, contre-indication temporaire, craintes parentales, etc.).
Pour vérifier son carnet de vaccination, les Français peuvent consulter leur dossier via Mon espace santé, la plateforme numérique de santé mise en place par l’Assurance Maladie. Cet outil centralise l’historique vaccinal et facilite le suivi des vaccins reçus et de ceux à effectuer.
Le rattrapage vaccinal est possible à tout âge et suit des schémas adaptés en fonction de l’âge de la personne et des vaccins manquants. Par exemple, un enfant de 5 ans qui n’aurait jamais été vacciné peut recevoir un schéma de rattrapage complet, avec des intervalles entre les doses ajustés pour assurer une immunité optimale.
Chez les adolescents et les adultes, le rattrapage peut concerner des vaccins comme le HPV (jusqu’à 19 ans dans certains cas), les méningocoques, ou encore le ROR pour les personnes nées après 1980 et n’ayant jamais reçu deux doses.
Les professionnels de santé (médecins généralistes, pédiatres, pharmaciens) sont formés pour évaluer les besoins en rattrapage et proposer un calendrier personnalisé. Ils peuvent également délivrer et administrer directement certains vaccins, simplifiant ainsi les démarches.
Vaccination pour les populations à risque
Au-delà des recommandations générales, le calendrier vaccinal 2025 prévoit des schémas vaccinaux spécifiques pour les populations présentant des risques accrus d’infection ou de complications.
Les personnes souffrant de comorbidités (diabète, insuffisance cardiaque, maladies respiratoires chroniques, immunodépression, etc.) bénéficient de recommandations renforcées. Par exemple, la vaccination contre les pneumocoques peut être effectuée plus tôt ou nécessiter des doses supplémentaires. La vaccination contre la grippe saisonnière est fortement conseillée chaque année pour cette catégorie.
Dans les départements d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte), où circulent des maladies tropicales, la vaccination contre la dengue (vaccin Qdenga) est recommandée pour les enfants et les adultes ayant déjà été infectés par le virus ou résidant dans des zones endémiques. Les recommandations concernant le chikungunya sont également en cours d’adaptation.
Les professionnels de santé et les travailleurs exposés (laboratoires, services d’urgence, soins à domicile) doivent se conformer à des obligations vaccinales spécifiques, notamment contre l’hépatite B, la coqueluche, la grippe, et désormais le Covid-19 dans certains contextes.
Les voyageurs se rendant dans des zones à risque peuvent également nécessiter des vaccinations particulières (fièvre jaune, encéphalite japonaise, méningite à méningocoque, etc.), qui ne figurent pas dans le calendrier standard mais sont recommandées par les centres de vaccinations internationales.
Questions fréquentes sur le calendrier vaccinal 2025
Quels vaccins sont devenus obligatoires pour les nourrissons en 2025 ?
Depuis le 1er janvier 2025, la vaccination contre les méningocoques ACWY et B est devenue obligatoire pour tous les nourrissons nés à partir de cette date. Le schéma comprend deux doses pour ACWY (6 et 12 mois) et trois doses pour le B (3, 5 et 12 mois).
À quel âge la vaccination contre les pneumocoques est-elle recommandée pour les seniors ?
À partir de 65 ans, une dose unique du vaccin Prevenar 20 est recommandée pour toutes les personnes âgées, même sans facteur de risque. Cette vaccination protège contre 20 sérotypes de pneumocoques responsables d’infections invasives potentiellement graves.
Comment puis-je vérifier mon statut vaccinal et savoir quels vaccins me manquent ?
Vous pouvez consulter votre historique vaccinal via Mon espace santé, la plateforme numérique de l’Assurance Maladie. Cet outil centralise vos vaccinations reçues et vous aide à identifier les vaccins manquants nécessitant un rattrapage.
Pourquoi la vaccination contre le vrs est-elle importante pour les personnes âgées ?
Le virus respiratoire syncytial (VRS) cause des bronchiolites et pneumonies graves chez les seniors, entraînant souvent des hospitalisations. La vaccination est recommandée à partir de 75 ans, et dès 65 ans en cas de risques respiratoires ou cardiaques.
Quels sont les rappels de vaccination obligatoires à l’âge adulte ?
Les adultes doivent effectuer des rappels réguliers contre diphtérie, tétanos et poliomyélite : à 25, 45, 65 ans, puis tous les 10 ans. Un rappel contre la coqueluche (dTcaP) est recommandé à 25 ans avec rattrapage possible jusqu’à 39 ans.
Peut-on rattraper les vaccins manqués si on n’a jamais été vacciné enfant ?
Oui, le rattrapage vaccinal est possible à tout âge avec des schémas adaptés. Les professionnels de santé évaluent les besoins individuels et proposent un calendrier personnalisé pour combler les vaccinations manquantes, quelle que soit la raison du retard.











